.
dans le reflet étranger de ton visage
- non, je ne demande pas: tu ne sais pas: dis ! -
dis !
une image se forme, nait dans la matrice,
le miroir de tes traits - dis !
dans le creux,
dans le creux du visage, là où je me suis
penché par dessus le miel et la cendre,
dis !
écarté et le miel et la cendre —
dis ! dans le miroir, dans la matrice,
dans le visage, dans le miel et dans la cendre,
ce qui se forme, ce qui déforme,
là, est-ce une image, était-ce un rêve,
est-ce une corde d'os et de chair,
est-ce un enfant était-ce toi étais-ce moi ?
jeudi 26 novembre 2009
notes, à même l'écran 2
.
Quand quatre lèvres deviennent deux
mêlant en un le sceau et son encre
que disent-elles - que taisent-elles
Rien - peut-être, ou bien ce que dit
le vent unique quand il se fait multiple
à l'affront des hautes petites branches —
Toi partie à l'oreille de toutes les serpents
évanouie au fond de la route des pluies
alors moi aussi j'ai écouté - en vain:
et j'ai maudit les mots de n'être pas musique assez
et les sons de n'être pas semblable à la nage des corps
et les corps de n'être pas fidèles à la pointe des mots -
Vraie Lilith, fausse vivante, combien tu m'as trahi !
Tu m'as enserré dans les veines sombres de ta langue
bien plus qu'entre tes cuisses la chair durcie de mon vouloir
faisant sans peine de moi ton complice
sans plus rien vouloir que durer le supplice
Quand quatre lèvres deviennent deux
mêlant la langue souple et la dent dure
que disent-elles - que taisent-elles
Rien - elles soufflent - ainsi souffle aussi le vent —
de loin le vent sur les marais d'ici
beaux marais de mes temps la sueur de ces landes
Soufflez, soufflez encore o vent o pluies
o langues, o soleils !
soufflez, soufflez, évaporez, allez !
soufflez, soufflez encore, et encore et encore !
Quand quatre lèvres deviennent deux
mêlant en un le sceau et son encre
que disent-elles - que taisent-elles
Rien - peut-être, ou bien ce que dit
le vent unique quand il se fait multiple
à l'affront des hautes petites branches —
Toi partie à l'oreille de toutes les serpents
évanouie au fond de la route des pluies
alors moi aussi j'ai écouté - en vain:
et j'ai maudit les mots de n'être pas musique assez
et les sons de n'être pas semblable à la nage des corps
et les corps de n'être pas fidèles à la pointe des mots -
Vraie Lilith, fausse vivante, combien tu m'as trahi !
Tu m'as enserré dans les veines sombres de ta langue
bien plus qu'entre tes cuisses la chair durcie de mon vouloir
faisant sans peine de moi ton complice
sans plus rien vouloir que durer le supplice
Quand quatre lèvres deviennent deux
mêlant la langue souple et la dent dure
que disent-elles - que taisent-elles
Rien - elles soufflent - ainsi souffle aussi le vent —
de loin le vent sur les marais d'ici
beaux marais de mes temps la sueur de ces landes
Soufflez, soufflez encore o vent o pluies
o langues, o soleils !
soufflez, soufflez, évaporez, allez !
soufflez, soufflez encore, et encore et encore !
annonce
Le bidule latéral qui indique les derniers "alentours" ne fonctionne pas bien, il n'en n'enregistre que deux d'un coup. Alors, on sait jamais:
" Soyons attentifs,
ensemble !"
" Soyons attentifs,
ensemble !"
notes, à même l'écran
plage déserte à en devenir grève.
l'hiver passant à n'en pas finir d'être été
encercle l'été
annelé de sables avec les clefs des algues
en-dessous
- où s'affaissa son pas et son genou.
Orphée a posé son luth au seuil de la tombe hésitante
entre les signes gravés sur les ventres des nuits et des vents
pour en pincer le jour —
Elle — a bu le roux âcre, liqueur d'ancètres
chagrin et beauté des buées —
ainsi Orphée s'est tû. entre
les ventres des vents. balbutiant
une rose tendue, mâchant la crinière
de ses vers, pour savoir.
l'hiver passant à n'en pas finir d'être été
encercle l'été
annelé de sables avec les clefs des algues
en-dessous
- où s'affaissa son pas et son genou.
Orphée a posé son luth au seuil de la tombe hésitante
entre les signes gravés sur les ventres des nuits et des vents
pour en pincer le jour —
Elle — a bu le roux âcre, liqueur d'ancètres
chagrin et beauté des buées —
ainsi Orphée s'est tû. entre
les ventres des vents. balbutiant
une rose tendue, mâchant la crinière
de ses vers, pour savoir.
mardi 10 novembre 2009
une genèse d'eau
[ Ceci est un extrait des Thèses Inconnues, seconde ( et dernière ) Maison du Théatre Constant. Dernière, oui, mais il y en a d'autres en cours d'écriture. Le dernier n'est pas toujours à la fin du temps. Les longs et relous passage proposés en PDF est une genèse, la création d'un monde, par un étrange personnage, Nahutu. Avec l'aide de "commentateurs", clairement de psychanalyseux dialectes. Nahutu est lui-même "créé", en tout cas suscité, au début des Thèses Inconnues.
Si c'est "relou", pourquoi est-ce que je le garde en état, pourquoi est-ce que je le propose ? C'est que je n'y peux rien. J'aurais pu ne pas dire ( peut-être ) ce qui se dit là, mais à partir du moment où j'avais décidé de le dire, je n'ai pas d'autre moyen que de le dire sous la forme où c'est dit. J'ai pensé que ceux des lecteurs qui voudraient faire l'effort, ils le feraient, et ceux qui ne veulent pas, ne le feront pas; ainsi, chacun est libre de toute façon. ( Pas lisible à l'écran, c'est certain ! )]
EN PDF
Eh ! petits sibylles plongeurs
Eh ! de vos propos peu aimables
Je recueillerai la sagesse
Qui sans cesse cherche et confronte.
Pour l'homme qui aspire à devenir homme
La divergence des récits l'incite toujours plus à scruter
Sans jamais renier le jeu des apparences
Au coeur de la nature.
Que tout à présent s'unifie dans un seul archet:
Un roi en exil,
Il mêle de par sa seule volonté
La substance éthérée dont sont faites les pensées
A la plus matérielle des matières.
Merci à vous qui en premiers
Etes venus au secours
De ma pensée prisonnière
D'une trop longue solitude.
Or donc ! par ceci à mon ordre,
Déployez-vous ! élevez vous !
Planez, volez par-dessus les rivières,
Roulez entre les arbres
Et jusqu'à la voûte élevée,
Errants et dansants,
Etincelles détachées des bûches mousseuses
Avec les nuages, parmi les blancheurs diffuses des hauteurs.
Faites seulement attention à ne pas vous cogner le front.
Les voilà partis ! ils voguent selon leur genre
Esprits soucieux penchés sur les berceaux
Des vents, mesurant les gouttes de pluie,
Pesant les rayons du soleil.
C'est bien: Le monde est empli d'analyses
Pollens et soupçons
Qui vont et fluent de flots en flots
Maintenant, de l'homme, les 2340 types Aarne-Thompson de ses contes.
LA SUITE ET L'AVANT EN PDF
Si c'est "relou", pourquoi est-ce que je le garde en état, pourquoi est-ce que je le propose ? C'est que je n'y peux rien. J'aurais pu ne pas dire ( peut-être ) ce qui se dit là, mais à partir du moment où j'avais décidé de le dire, je n'ai pas d'autre moyen que de le dire sous la forme où c'est dit. J'ai pensé que ceux des lecteurs qui voudraient faire l'effort, ils le feraient, et ceux qui ne veulent pas, ne le feront pas; ainsi, chacun est libre de toute façon. ( Pas lisible à l'écran, c'est certain ! )]
EN PDF
Eh ! petits sibylles plongeurs
Eh ! de vos propos peu aimables
Je recueillerai la sagesse
Qui sans cesse cherche et confronte.
Pour l'homme qui aspire à devenir homme
La divergence des récits l'incite toujours plus à scruter
Sans jamais renier le jeu des apparences
Au coeur de la nature.
Que tout à présent s'unifie dans un seul archet:
Un roi en exil,
Il mêle de par sa seule volonté
La substance éthérée dont sont faites les pensées
A la plus matérielle des matières.
Merci à vous qui en premiers
Etes venus au secours
De ma pensée prisonnière
D'une trop longue solitude.
Or donc ! par ceci à mon ordre,
Déployez-vous ! élevez vous !
Planez, volez par-dessus les rivières,
Roulez entre les arbres
Et jusqu'à la voûte élevée,
Errants et dansants,
Etincelles détachées des bûches mousseuses
Avec les nuages, parmi les blancheurs diffuses des hauteurs.
Faites seulement attention à ne pas vous cogner le front.
Les voilà partis ! ils voguent selon leur genre
Esprits soucieux penchés sur les berceaux
Des vents, mesurant les gouttes de pluie,
Pesant les rayons du soleil.
C'est bien: Le monde est empli d'analyses
Pollens et soupçons
Qui vont et fluent de flots en flots
Maintenant, de l'homme, les 2340 types Aarne-Thompson de ses contes.
LA SUITE ET L'AVANT EN PDF
lundi 9 novembre 2009
on absente
.
non, pas d'énigmes ici !
la rivière est sans énigme -
n'a pas d'énigme la mer -
sans énigme le grand gris vaste qui remue -
tu rassembles les doigts
sur
la corde unique
de ton chant, tu
chantes !
tu ne recules pas
en croisant les bachantes
aux seins sombres
— leur temps n'est pas venu
de déchirer tes membres
dans la furie amoureuse —
au ciel ne passent que les oiseaux
on absente —
un oiseau est sans pensée —
on sait depuis trois heures après midi
qu'ils ne parlent de rien:
un rouge-gorge entré dans la cuisine
on a lu tous les volumes de la peur dans son petit oeil sombre
tu ne recules pas vers la bouche
de lumière
tu descends, orphée nègre !
à travers de gais chemins blonds
bordant des étangs roux
loin loin sous le ciel bleu lacté
jusqu'à la pointe déserte du blanc
où la lumière par la lumière
est tue
on a ouvert au large
portes et fenêtres
un oiseau est sans pensée
les mots trop vivent
"car on est joué
roué
lentement lentement
par l'ombre-d'en-dessous
qui divise la baie
des ronciers,
ceux-là dont les grains
mûrs prolongent mûrir,
au lieu où nous les avions goûtés,
pétris, à même sa lèvre
dans sa parole
pour en sucer les vins"
affirme-t-on -
et corrige:
§: affirme-t-on: "affermis ton —"
ajouter lignes vides, puis signer: "on absente"
au choix: " est absenté" —
puis plus loin:.
§: lentement lentement
par l'ombre-d'en-dessous:
"lentement lentement par / l'en-dessous d'ombre"
puis délier, relier, délier, insèrer :
" en toi j'ai
confiance
et en ton écriture je crois"
( "je crois en ton écriture" )
puis § " car on est joué
roué
lentement lentement ": en sa place —
et §: affermis ton: "on affirme —"
non, pas d'énigmes ici !
la rivière est sans énigme -
n'a pas d'énigme la mer -
sans énigme le grand gris vaste qui remue -
tu rassembles les doigts
sur
la corde unique
de ton chant, tu
chantes !
tu ne recules pas
en croisant les bachantes
aux seins sombres
— leur temps n'est pas venu
de déchirer tes membres
dans la furie amoureuse —
au ciel ne passent que les oiseaux
on absente —
un oiseau est sans pensée —
on sait depuis trois heures après midi
qu'ils ne parlent de rien:
un rouge-gorge entré dans la cuisine
on a lu tous les volumes de la peur dans son petit oeil sombre
tu ne recules pas vers la bouche
de lumière
tu descends, orphée nègre !
à travers de gais chemins blonds
bordant des étangs roux
loin loin sous le ciel bleu lacté
jusqu'à la pointe déserte du blanc
où la lumière par la lumière
est tue
on a ouvert au large
portes et fenêtres
un oiseau est sans pensée
les mots trop vivent
"car on est joué
roué
lentement lentement
par l'ombre-d'en-dessous
qui divise la baie
des ronciers,
ceux-là dont les grains
mûrs prolongent mûrir,
au lieu où nous les avions goûtés,
pétris, à même sa lèvre
dans sa parole
pour en sucer les vins"
affirme-t-on -
et corrige:
§: affirme-t-on: "affermis ton —"
ajouter lignes vides, puis signer: "on absente"
au choix: " est absenté" —
puis plus loin:.
§: lentement lentement
par l'ombre-d'en-dessous:
"lentement lentement par / l'en-dessous d'ombre"
puis délier, relier, délier, insèrer :
" en toi j'ai
confiance
et en ton écriture je crois"
( "je crois en ton écriture" )
puis § " car on est joué
roué
lentement lentement ": en sa place —
et §: affermis ton: "on affirme —"
Eldorado 6
[Sixième partie de la première Maison du Théatre Constant. Le PDF est conseillé... Les parties du TC peuvent en principe se lire comme des parties indépendantes. Mais c'est plus riche dans l'ordre... Des éléments de cette partie ci, par exemple, sont repris dans la deuxième Maison ( les Thèses Inconnues ). La partie ici est intégrale, et d'achève, donc, par: (...).]
en PDF
Comme je déambulais dans la ville étrangère
or toutes les villes sont étrangères sont composées
pour approcher tant l'homme de l'homme
qu'il lui faut de soi devenir l'étranger
je n'étais plus assez rapide
devenu sous-traitant d'une pensée produite
Que sont-ils les déambulants à inventer dans l'espace les pistes du rêve
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
mais pistes-bessueilles seulement, l'hélas du rêve-de-tous
pauvre rêve levé à courre à cors et couru, acculé
pantelant, à la fourche étroite au delta du sommeil
là, encagé, condamné à tenir le registre des transactions ratées des journées
lui dont la puissance était fondé
rumine de confuses vengeances et va et vient dans ses barreaux fermés
grondant parfois jusqu'au dehors de sa geôle nocturne
pris pour commencer
levé avec le précédent
le doigt qui divise également
tous les doigts levés exceptés un
l'entaillé
un autre ajouté à ce qui est déjà compté
deux amenés et levés avec le reste
trois amenés et levés avec le reste
tous, exceptés un, levés avec le reste
tous les doigts
tous les doigts et un de plus levé
tête coupée placée en greffier d'un théâtre châtré
Que sont-ils à inventer dans l'espace les pistes du rêve
ils portent leur fragment de rêve comme un moignon vivide
honte et jalousie, rage, douleur et nostalgie de n'être pas
au lieu de l'homme assis derrière le voile d'eau dure du café
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
comme l'errant fragile des grands-routes aux portes des maisons
toque à la paroi de la mémoire du pain trempé des draps et du partage
afin qu'il sache désirer, lui qui les regarde passer, être à leur place
mais il ne comprends plus la signification de ces murmures
qui lui parviennent comme les imprécations d'une langue inconnue et lointaine
l'autre côté du signe est enterré au-d'là du grand sommeil
se souvient-il il se souvient de quelque chose qui fut très oublié
ailleurs que dans un temps passé
or toutes les villes sont étrangères sont composées
et quand bien même ils cherchent pour trouver autrement
ignorant ce qu'ils font, assignés à devenir légende
quand ils sont dénués à s'en réjouir
du regard de connivence lancé entre vous méconnus
qui les dit malade et paria et nef des fous aux bonnets aux hochets grêles
clochetants creux,tintinants dans les doigts de nos longs regards courbes
d'une table à l'autre par dessus le golfe des travées
ils inventent dans l'espace les pistes du rêve
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
si acharnés à leur lutte qu'à y voir de ces accords
les nôtres sont passementeries et franges et lasses
craintives paresses d'embusqués dont plus ils ne sauraient rêver
mais pistes-bessueilles seulement, l'hélas du rêve-de-tous
condamné à tenir le registre des transactions échouées des journées
tête coupée placée en greffier d'un théâtre châtré
que sont-ils ils dessinent ils déambulent de leur corps
dans l'espace les traces d'une carte
ils décrivent des migrations et des guerres à venir
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
comme je déambulais dans la ville étrangère
je luttais moi aussi sauvagement contre la bête
en ce temps-là j'avais 16 ans j'étais dans le premier de mes déplois
joyau au front d'Evolution, fort, joyeux et assassin
créature de signe et de sens
je chantonnais:
l'homme est un animal intelligent
différent de conscience et doué de parole, de bien et de mal
je riais:
c'est fini ! je ne serais plus votre singe savant
je ne serais plus l'enfant intelligent aux pommettes trop pâles
ah ! cette première nuit dans la petite chambre du premier hôtel
où j'ai dormi du sommeil profond et léger du nouveau-né
je déambulais je n'étais plus assez rapide
devenu sous-traitant d'une pensée produite
je faisais eau de pensées de toute part
fuyant par tous les bords
percé
terrain conqui, envahi et brûlé
confondu avec les palissades des terrains
vagues
j'arpentais de bien rudes trottoirs de vastes solitudes
si prude que je ne craignais pas de pleurer
en passant sur les ponts dont les arches rédigeaient le jugement de dieu
et j'avais 16 ou dix-sept ans
(...)
en PDF
Comme je déambulais dans la ville étrangère
or toutes les villes sont étrangères sont composées
pour approcher tant l'homme de l'homme
qu'il lui faut de soi devenir l'étranger
je n'étais plus assez rapide
devenu sous-traitant d'une pensée produite
Que sont-ils les déambulants à inventer dans l'espace les pistes du rêve
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
mais pistes-bessueilles seulement, l'hélas du rêve-de-tous
pauvre rêve levé à courre à cors et couru, acculé
pantelant, à la fourche étroite au delta du sommeil
là, encagé, condamné à tenir le registre des transactions ratées des journées
lui dont la puissance était fondé
rumine de confuses vengeances et va et vient dans ses barreaux fermés
grondant parfois jusqu'au dehors de sa geôle nocturne
pris pour commencer
levé avec le précédent
le doigt qui divise également
tous les doigts levés exceptés un
l'entaillé
un autre ajouté à ce qui est déjà compté
deux amenés et levés avec le reste
trois amenés et levés avec le reste
tous, exceptés un, levés avec le reste
tous les doigts
tous les doigts et un de plus levé
tête coupée placée en greffier d'un théâtre châtré
Que sont-ils à inventer dans l'espace les pistes du rêve
ils portent leur fragment de rêve comme un moignon vivide
honte et jalousie, rage, douleur et nostalgie de n'être pas
au lieu de l'homme assis derrière le voile d'eau dure du café
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
comme l'errant fragile des grands-routes aux portes des maisons
toque à la paroi de la mémoire du pain trempé des draps et du partage
afin qu'il sache désirer, lui qui les regarde passer, être à leur place
mais il ne comprends plus la signification de ces murmures
qui lui parviennent comme les imprécations d'une langue inconnue et lointaine
l'autre côté du signe est enterré au-d'là du grand sommeil
se souvient-il il se souvient de quelque chose qui fut très oublié
ailleurs que dans un temps passé
or toutes les villes sont étrangères sont composées
et quand bien même ils cherchent pour trouver autrement
ignorant ce qu'ils font, assignés à devenir légende
quand ils sont dénués à s'en réjouir
du regard de connivence lancé entre vous méconnus
qui les dit malade et paria et nef des fous aux bonnets aux hochets grêles
clochetants creux,tintinants dans les doigts de nos longs regards courbes
d'une table à l'autre par dessus le golfe des travées
ils inventent dans l'espace les pistes du rêve
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
si acharnés à leur lutte qu'à y voir de ces accords
les nôtres sont passementeries et franges et lasses
craintives paresses d'embusqués dont plus ils ne sauraient rêver
mais pistes-bessueilles seulement, l'hélas du rêve-de-tous
condamné à tenir le registre des transactions échouées des journées
tête coupée placée en greffier d'un théâtre châtré
que sont-ils ils dessinent ils déambulent de leur corps
dans l'espace les traces d'une carte
ils décrivent des migrations et des guerres à venir
contre les signes en frappant du front et des poings les vitrines
comme je déambulais dans la ville étrangère
je luttais moi aussi sauvagement contre la bête
en ce temps-là j'avais 16 ans j'étais dans le premier de mes déplois
joyau au front d'Evolution, fort, joyeux et assassin
créature de signe et de sens
je chantonnais:
l'homme est un animal intelligent
différent de conscience et doué de parole, de bien et de mal
je riais:
c'est fini ! je ne serais plus votre singe savant
je ne serais plus l'enfant intelligent aux pommettes trop pâles
ah ! cette première nuit dans la petite chambre du premier hôtel
où j'ai dormi du sommeil profond et léger du nouveau-né
je déambulais je n'étais plus assez rapide
devenu sous-traitant d'une pensée produite
je faisais eau de pensées de toute part
fuyant par tous les bords
percé
terrain conqui, envahi et brûlé
confondu avec les palissades des terrains
vagues
j'arpentais de bien rudes trottoirs de vastes solitudes
si prude que je ne craignais pas de pleurer
en passant sur les ponts dont les arches rédigeaient le jugement de dieu
et j'avais 16 ou dix-sept ans
(...)
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